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1453
Mehmet II conquiert Constantinople

Le 29 mai 1453, les Turcs de l'Ottoman  Mehmet II entrent à Constantinople, assiégé depuis deux mois. La Ville est livrée à un pillage en règle de trois jours. Outre les 5000 soldats byzantins et leurs alliés Italiens (2000 à 3000 en tout), l'on estime à 4000 civils massacrés, sur une population de 50_000  habitants. La tuerie, le viol et le pillage semblent s'être considérablement réduits après les douze premières heures. Après avoir foulé au pied l'autel principal de la Basilique Saint Sophie (selon l'antique rite de guerre romain de la calcatio hostis), l'Ottoman fait procéder à la prière musulmane et transformer l'église en mosquée. L'Empire grec n'est plus. Le dernier état de la souveraineté byzantine (l' "empire" de Trébizonde) lui survit seulement huit ans, tombe en 1461 sous les coups du même Mehmet II.

La chute de Constantinople et de ses derniers restes d'empire (surtout la Morée, nom de l'époque du Péloponnèse) n'est pas vraiment une surprise. Depuis le sac de 1204 par les "Croisés" d'Europe occidentale (Français, Italiens et Allemands), l'empire de la "Seconde Rome" survit difficilement. Son économie, autrefois florissante, est parasitée par les vigoureuses républiques italiennes (au premiers rangs desquelles paradent Venise et Gênes).  Les appels incessants des Byzantins à la solidarité des Occidentaux sont implacablement soumis par les papes au chantage de l'Union des Églises latine et grecque (catholique et orthodoxe) sous l'égide des pontifes romains.. 

La chute de Constantinople, qu'il convient bientôt d'appeler Istanboul, est aussi l'assomption de l'Empire ottoman. Celui-ci établit sa capitale dans l'ancienne Ville. Il englobe rapidement la même étendue que l'empire de Justinien au VI° siècle, à peu de territoires près (aux seules différences du royaume du Maroc et de l'Andalousie, qui échappent à sa souveraineté). Il se pose - et se comporte dans les faits et dans ses prétentions - comme l'héritier musulman de l'Empire byzantin.  Mehmet II adopte aussi les titres de Fatih (vainqueur en turc) et de Kaiser I Rum ("Empereur des Romains", qu'il reprend des Empereurs  de Constantinople).

Du XV° au XVIII° siècle, l'empire ottoman s'étend aussi vers les Balkans (jusqu'en Hongrie, d'où il menace Vienne par deux fois) et autour de la Mer Noire, conserve longtemps encore des liens de tributs avec de nombreuses entités politiques turques de la Haute Asie et de Sibérie. L'empire turc est reconnu à juste titre comme une puissance de premier plan jusqu'au cours du XIX° siècle.

Le choix de 1453 comme fin du Moyen-Âge et début de la Renaissance en Europe occidentale est peu significative, voire arbitraire. Elle a été adoptée par défaut. Si cette année est importante pour l'Orient, elle ne s'impose pas pour l'Europe occidentale. Pour l'Italie, la décennie 1440 serait plus juste (émergence d'une nouvelle civilisation). Pour la péninsule ibérique, la décennie 1490 serait bien plus significative (dernière conquête ibérique des royaumes conjoints de Castille et d'Aragon, découverte pour le compte des Espagnols des Antilles et de l'Amérique du Sud). Pour le reste de l'Europe,  le choix d'une date au début du XVI° siècle (liée aux guerres d'Italie) serait meilleure.

Mais la réalité est plus subtile :

il n'y a pas de coupure nette dans cette continuité, ni en Italie, ni en Espagne, ni par ailleurs en Europe.

Au final, s'il faut vraiment choisir une césure, la décennie 1490 - 1500 serait peut-être la moins critiquable.

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