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1527
Sac de Rome par les Impériaux

Le 6 mai 1527, les troupes de Charles Quint forcent Rome, la ville du pape Clément VII (Jules Médicis), massacrent un cinquième de la population. occupent et pillent la ville durant toute une année. Cette armée est composée de 35 000 hommes environ, dont 6 000 Espagnols (Catholiques) et 14 000 Lansquenets allemands (pour la plupart Luthériens), plus des troupes italiennes. Sur les 55 000 habitants de Rome, l'on estime à 10 000 les morts dues aux combats et à la prise de la ville et peut-être 30 000 morts de la peste, qui s'est invitée dans les bagages des troupes impériales. Par surcroît, le pape doit payer aux Impériaux 400 000 ducats.

Comment en est-on arrivé là ? Comment une coalition agissant au nom de sa Sacrée Majesté, Charles Quint, Empereur du Saint Empire Romain Germanique et Roi Très Catholique (son titre officiel en tant que roi d'd'Espagne) a massacré et pillé la Ville du pape ? D'où vient cette rage dans le massacre et dans le pillage ?

L'affrontement du pape et de l'Empereur est l'ultime et sanglante conclusion d'une lutte multiséculaire entre les deux souverainetés, où l'Évêque de Rome a longtemps prétendu exercer un pouvoir politique sur l'Empereur, puis a craint l'unité impériale de la péninsule italienne à ses dépends. En effet, Charles Quint, par sa souveraineté sur l'Espagne, est également Roi de Naples et de Sicile, par sa souveraineté germanique est Empereur en Italie du Nord. Il veut reconquérir son pouvoir sur cette partie théorique de l'Empire, qui lui échappe. Le pape Médicis organise alors une Ligue  hétéroclite dans laquelle il coalise les États devenus de fait indépendants de l'Italie septentrionale (Milan, Venise, Florence) et le Royaume de France, qui cherche à se venger de la cuisante défaite de Pavie (1525) et du désastreux traité de Madrid (1526).


 Dès les 19 et 20 septembre 1526, le Cardinal Pompeo Colonna, ennemi hargneux du pape Medicis et devenu partisan de l'Empereur, occupe plusieurs positions dans  l'ouest de la Ville avec une armée de plus de 5 000 hommes, saccage les quartiers de Borgo et du Vatican, avant de se retirer. Des négociations durant l'automne et l'hiver échouent, 


Puis vient l'armée de l'Empereur. La frénésie du massacre et du pillage de 1527 est due à plusieurs facteurs. D'une part, l'armée impériale n'est pas payée depuis plusieurs mois. Elle vit de pillages autour de Bologne, épargnent Florence grâce au succès d'un chantage, fonce sur Rome, obéit plus ou moins à ses chefs, le condottiere Georg von Frunsberg puis le ci-devant Maréchal Charles de Bourbon, transfuge de l'armée française. De plus, les Lansquenets sont pour une part importante des Luthériens, révulsés par le luxe des prélats, l'inconsciente exhibition du faste du clergé romain, révoltés par un pouvoir religieux violemment adversaire d'une nécessaire Réforme de la Foi et de la Morale, impressionnés par toute la propagande antipapiste qui explose au nord des Alpes. Enfin, Rome, la "nouvelle Babylone", siège du pouvoir du pape "Antéchrist", regorge de richesses et d'œuvres d'arts offerte aux soldats sans solde. 

La dépopulation de Rome est rapidement effacée par une politique volontariste des papes ultérieurs pour attirer de nouveaux habitants. Les conséquences religieuses et culturelles sont autrement plus durables. Du point de vue religieux, la nécessité d'un concile réformateur finit par s'imposer, qui est convoqué finalement par Paul III, successeur de Clément VII. C'est le fameux Concile de Trente, inauguré en 1544, après d'incessantes tractations diplomatiques, conclu après bien des déboires et sessions en 1563. Mais ce concile ne permet plus la réconciliation des Catholiques et des Protestants de multiples Églises réformées. Les conséquences culturelles sont également incalculables : la jeune Renaissance clémentine est proprement décapitée. La multitude des artistes qui fuient Rome dévastée et en partie détruite alimente l'essor du Baroque dans l'ensemble de l'Italie et de l'Europe. L'Italie elle-même, devenant la victime de guerres sans fin, se maintient dans un état de démembrement où la Renaissance culturelle qui se poursuit ne sera pas accompagnée d'une renaissance politique avant longtemps.

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